Choisir une cellule phono : MM ou MC, force d’appui et réglages

Sur une platine d’entrée ou de milieu de gamme, la cellule pèse plus lourd dans le résultat que presque tout le reste. Encore faut-il qu’elle convienne au bras et au préampli, et qu’elle soit réglée.

Gros plan sur le bras d'une platine et sa cellule au-dessus d'un disque, une brosse et une balance de force d'appui sur un tissu bleu

Le rôle de la cellule

La cellule est le seul endroit de la chaîne où la musique est encore un mouvement mécanique. La pointe suit les ondulations du sillon, le cantilever transmet ce mouvement à un générateur, et celui-ci produit une tension de quelques millivolts. Au magasin, on conseillait souvent de changer la cellule avant de changer la platine, parce que l’écart obtenu était plus grand pour un effort bien moindre.

MM ou MC

Dans une cellule à aimant mobile (MM), un petit aimant fixé au cantilever bouge face à des bobines fixes. Le signal est assez fort, autour de 3 à 6 mV, et toutes les entrées phono l’acceptent. La pointe se remplace seule, en quelques secondes, sans démonter la cellule.

Dans une cellule à bobines mobiles (MC), ce sont les bobines, minuscules, qui bougent. L’équipage est plus léger et suit plus finement le sillon. En contrepartie, la tension de sortie est faible, de 0,2 à 0,5 mV le plus souvent. Il faut alors un préampli phono doté d’une position MC, ou un transformateur élévateur. Le remplacement de la pointe passe en général par un échange de la cellule entière.

Il existe aussi des MC dites à haut niveau, autour de 2 mV, qui se branchent sur une entrée MM. Elles forment un compromis intéressant si votre ampli ne propose qu’une entrée MM.

La forme de la pointe

Une pointe conique est robuste et tolère les approximations de réglage. Une pointe elliptique lit mieux l’aigu. Les profils plus fins, à ligne fine ou micro-ridge, descendent plus profond dans le sillon mais exigent un alignement soigné. Pour des disques d’occasion fatigués, une elliptique reste souvent le meilleur compromis.

La force d’appui et l’accord avec le bras

Chaque cellule indique une plage de force d’appui, par exemple de 1,75 à 2,25 g. Partez du milieu, puis ajustez. Trop léger, la pointe saute et use le sillon en vibrant ; trop lourd, la suspension s’écrase. Le contrepoids gradué du bras donne une indication, une balance de force d’appui donne la vraie mesure.

L’accord entre la cellule et le bras compte aussi. La compliance de la cellule, c’est-à-dire sa souplesse, et la masse effective du bras déterminent une fréquence de résonance qu’il faut placer entre 8 et 12 Hz. En dessous, le moindre voile du disque fait pomper les membranes des enceintes. Au-dessus, le grave se brouille. Les fiches indiquent la compliance en µm/mN et le poids de la cellule en grammes, ce qui permet de faire le calcul. Une cellule très souple va avec un bras léger, une cellule raide avec un bras plus lourd.

Les réglages après le montage

  • L’alignement : la cellule doit être tangente au sillon en deux points du disque. Un gabarit en papier, fourni ou imprimable, suffit.
  • L’antiskating : il compense la force qui tire le bras vers le centre. On le règle en général à la même valeur que la force d’appui, puis on l’affine si la fin de face distord sur un seul canal.
  • Le VTA, ou angle vertical : le bras doit être parallèle au disque quand la pointe est posée. Si le bras le permet, on monte ou descend sa base.
  • La charge : en MM, une entrée de 47 kohms et une capacité totale de 100 à 200 pF sont la norme. Une capacité de câble trop forte assombrit l’aigu. En MC, la charge se règle souvent entre 100 et 1 000 ohms.
  • Le gain : une MM demande environ 40 dB de gain, une MC de 60 à 70 dB. Un gain trop faible oblige à pousser le volume et fait monter le souffle.

Gardez une trace écrite de chaque réglage. Si la platine est déplacée, ou si vous changez de cellule plus tard, vous repartirez d’une base connue au lieu de tout reprendre.

Trois situations

  • Platine d’entrée de gamme avec cellule d’origine : une MM à pointe elliptique, avec une pointe de rechange disponible, est la mise à niveau la plus sensée.
  • Ampli doté d’une seule entrée MM : une MM de bonne facture ou une MC à haut niveau.
  • Préampli MM et MC réglable, bras de qualité : une MC à bas niveau, avec la charge recommandée par le fabricant.

La méthode pour lire une fiche de cellule

Sur le site, les scores Raccordement et Polyvalence d’un préampli phono disent s’il accepte votre cellule ; ceux d’une cellule renseignent sur sa tolérance aux bras et aux réglages. Vérifiez :

  1. Le type (MM, MC bas niveau, MC haut niveau) et la tension de sortie.
  2. La forme de la pointe et la possibilité de la remplacer seule.
  3. La plage de force d’appui.
  4. La compliance et le poids, face à la masse effective de votre bras.
  5. La charge recommandée, en résistance et en capacité.
  6. Le gain disponible sur votre préampli phono.
  7. Les avis d’acheteurs sur la facilité de réglage et la tolérance aux disques usés.

Les appareils cités

Prix relevés le 20/10/2026.

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